jeudi 23 octobre 2008

Bleu mouton

Je vis dans une grande ville où le béton pousse aussi prestement que le bambou.
Sortir ici laisse l'impression d'être toujours à l'intérieur.
La hauteur des murs ronge le sentiment de liberté lié à l'espace.
Peu d'arbres, juste un çà et là.
Le terrain est assiégé par l'homme et son gris armé.
Mais il reste une chose qu'il ne saurait défigurer :
La beauté légère des nuages.

Des moutons plein le ciel !
Tant d'espace pour brouter le bleu du ciel,
Le bleu hématome de nos âmes évaporées ?

Mais soudain je m'aperçois que...
Où est donc le berger ?

dimanche 19 octobre 2008

Août dans le Jura

Visite de la saline d' Arc-et-Senans. Comme je ne suis pas très "musée", j'ai plutôt traîné mes guêtres dans les jolis jardins qui l'entourent. Pleins de fleurs, des potagers et même des jeux anciens, en bois pour la plupart.


Rose c'est rose et le coeur se fait moins morose. Mais le ciel lui restait obstinément gris !




Le camping se trouvait au bord de la Loue. Le soir, la rivière et le ciel offraient de splendides jeux de miroir.


Des arbres velus...


Des arbres tordus...


Tandis qu'une araignée, ayant un semblable au plafond, pense s'envoler vers d'autres dimensions dans cette étonnante soucoupe volante en toile de soie !


Retour en terrain connu. Un chemin tout tracé, des vaches bien terre à terre et ces deux rondeurs vertes qui nous rappellent que nous sommes bien au sein de la planète bleu. Notre monde se serait-il endormi ? Sa poitrine semblait immobile. La respiration est parfois à peine perceptible lorsque nous sommeillons.

Avec les nuages, on peut tout imaginer ! Moi, je vois deux Archeopteryx (un dinosaure avec des plumes) qui volent côte à côte. (photo prise par B)


Vers Maîche, le Creux de la Haute Roche est une espèce de canyon vraiment très impressionnant. Les arbres s'adaptent et commencent de boiser cette faille dans la roche. On descend donc par la sombre entrèe en bas à droite de la photo...


Et on se retrouve entre deux hauts murs de roche. C'est magnifique de voir la lumière pénétrer dans cette faille et en regardant au dessus de soi, passer du gris au vert des feuilles ! (photo prise par B)


Du belvédère, on pouvait observer la caresse de la lumière sur la cime des arbres. (photo prise par B)


Visite de la maison fleurie de M. et Mme Renaud à Sancey-le-Long. Ils travaillent la pierre et la terre pour un assortiment de fleurs à couper le souffle. Et en plus, ils sont apiculteurs. Nous sommes repartis avec du miel de pissenlit et du pain d'épices maison. Excellent !

lundi 22 septembre 2008

Polar din ch'nord


Lille-Québec aller simple
de Lucienne Cluytens
(Ed. Ravet-Anceau)

Le capitaine Flahaut de la PJ de Lille enquête sur le meurtre du docteur Lantin, pédiatre et chef de clinique de Saint-Amand-les-Eaux. Au cours des différents interrogatoires, les proches de la victime la définisse comme transparente et sans ennemi connu ; on pense à un crime de voyous en quête d'argent. Mais le capitaine Flahaut n'y croit pas car un fait l'intrigue : pourquoi a-t-on brûlé les yeux de la victime à l'aide d'un sabre chauffé à blanc ?
A mesure que l'enquête avance, le capitaine Flahaut sent que la clef de l'énigme se trouve au Québec, en Gaspésie, où le docteur Lantin se rendait quelques jours chaque année. Mais une fois sur place, il découvrira qu'une inconnue l'a devancé et a elle-même enquêté sur les mystérieuses activités du médecin.

Du même auteur, j'avais déjà lu Les Peupliers noirs, un polar qui m'avait bien plu. Là encore, on est heureux de retrouver l'intérêt de l'auteur pour les gens simples, victimes d'injustices. Des personnages que l'on pourrait croiser dans les rues de Lille. Il semble aussi que Lucienne Cluytens ait beaucoup de tendresse pour ses personnages car elle sait les rendre très attachants. La relation d'amitié de Marc Flahaut et Esther m'a particulièrement touchée.
L'intrigue se dessine sur fond d'erreur médicale et de pédophilie. De mon point de vue, ce récit tend à désacraliser le monde médical et montre que les gens de peu sont parfois bien démunis face à une erreur médicale. Le thème de la pédophilie est abordé avec tact ; l'auteur en dit peu et c'est bien assez pour comprendre.
C'est donc un livre qui se déroule principalement dans le Nord-Pas-de-Calais, avec des ch'tis pour protagonistes. Cependant, une partie de l'histoire se déroule au Québec, en Gaspésie plus exactement. La nature sauvage et la chaleur des Québécois sont mis en avant. On aimerait tous avoir Sylvie pour amie. La situation des Micmacs, peuple amérindien, est également évoquée.
J'aime bien l'univers de Madame Cluytens et je guette la sortie de son prochain livre.

lundi 15 septembre 2008

Un pigeon, une vie.

Le Pigeon, de Patrick SÜSKIND.

Jonathan Noël est un ermite dans la ville. Non pas un homme qui se retire par philosophie ou pour prier, mais par peur. Jonathan Noël est un homme écorché par la vie, qui pour se rassurer mène une vie réglée comme du papier à musique et se réfugie dans une chambre de bonne d'à peine 7 m². Son cocon. Cette chambre est son seul projet, son seul rêve. Chaque matin, c'est pour elle qu'il part travailler, pour qu'elle lui appartienne. Mais un jour, ce cocon est menacé par un pigeon. Ce qui déclenche chez Jonathan une véritable crise existentielle.

Patrick Süskind fait un portrait hilarant d'un homme en pleine détresse psychique. Le comportement de Jonathan est en effet si excessif qu'il en devient clownesque. On rit beaucoup et c'est très bien. Mais ce qui est intéressant, c'est que l'on rit tout en ressentant une profonde sympathie pour Jonathan. L'image répétée de Jonathan avec "sa valise, son manteau et son parapluie" semble, au premier abord, le ridiculiser car ces objets nous rappellent son délire face au pigeon. Mais elle montre surtout un homme seul, abandonné, qui n'a plu que "sa valise, son manteau et son parapluie", qui n'a plus en fait que cette détresse qui submerge son esprit et paralyse son corps. Mais pourquoi Jonathan a-t-il une réaction aussi excessive face à ce pigeon ? Il semble qu'à travers sa chambre, c'est sa vie que cet oiseau menace, ce pigeon dont le "plumage lisse était d'un gris de plomb". La même couleur que celle des uniformes de ceux qui ont emmenés ses parents en juillet 1942 ?
Ce n'est donc pas l'histoire d'un simple excentrique qui n'aurait ni queue ni tête. Cette histoire raconte le chemin sinueux qu'un homme va devoir emprunter pour se défaire d'un traumatisme qui l'enchaîne depuis l'enfance. Pour ma part, je considère ce livre comme porteur d'espoir car il semble nous dire que nous ne sommes pas condamnés par nos traumatismes mais qu'il est nécessaire de les regarder en face pour commencer de s'en libérer.

"Envers le clochard - lorsqu'il le rencontrait ou qu'il l'apercevait assis quelque part -, il n'éprouvait plus dorénavant que ce sentiment qu'on désigne généralement par le terme de tolérance : un mélange fort tiède de dégoût, de mépris et de pitié. Cet être ne lui causait plus d'émotion. Cet être lui était indifférent."

lundi 25 août 2008

Sauce miso

1 yaourt
1 cuillère à café de miso
1 cuillère à soupe de vinaigre de riz

Mélanger tous ces ingrédients dans un petit bol, dans lequel on pourra tremper des crudités découpées en lamelles (plus pratique). Sur la photo, il s'agit de radis rouge et blanc (il arrache celui-là !). La prochaine fois, nous serons plus sages et on essaiera avec une carotte, un concombre, une courgette... etc. Et oui ! La courgette crue, c'est excellent !
Si vous avez l'habitude de rajouter du sel partout, goûtez avant car le miso est naturellement salé !

Fondant au chocolat

200 g de chocolat pâtissier
100 g de beurre doux
75 g de sucre complet
5 oeufs
4 cuillères à soupe rases de farine T.65

Faire fondre le chocolat et le beurre dans une casserole à feu très doux.
Ensuite, verser l'appareil dans un saladier et y ajouter les jaunes d'oeufs. Bien mélanger.
Ajouter le sucre, la farine et mélanger de nouveau.
Puis, incorporer délicatement les blancs d'oeufs montés en neige bien ferme.
Graisser et fariner un moule à manqué avant d'y verser la pâte.
Enfin, cuire à four moyen (180° environ) pendant 20 minutes.

vendredi 22 août 2008

Quand l'esprit s'évapore à la lumière de la sacro-sainte télévision.


"Le public demande ce qu'on le conditionne à demander."

Extrait de l'excellent article "La machine à abrutir" de Pierre Jourde dans Le Monde Diplomatique d'août 2008, qui traite de la qualité des médias audiovisuels, du "divertissement" et de "l'information" qui en émanent.
Un article hilarant et grave de par son réalisme. Les exemples de l'auteur sont loin d'être caricaturaux ; il énonce simplement ce qu'on peut voir à la télévision, entendre à la radio. Pas de mystère : le public est vraiment considéré comme imbécile. Le plus subtile étant de lui inculquer que c'est son désir le plus profond. Et oui, nous voulons du vide, de l'insipide, de l'apparence, du voyeurisme, de l'agressivité, du narcissisme, de la vulgarité et stupidité à hautes doses. Et cela pour nous pousser à nous conforter dans une image infantilisée et dégradée de nous-mêmes ?
Mais l'auteur prévient : "Il y a beaucoup de combats à mener. Mais, si l'industrie médiatique gagne sa guerre contre l'esprit, tous seront perdus." En effet, comment mener à bien engagements et projets pour une société meilleure si nous ne sommes plus capables de penser librement ?